2. F2. Les marches exploratoires des femmes pour la sécurité. L’exemple du Canada

Si l’on veut que les femmes puissent pleinement prendre part à la vie de la Cité, il faut accroître leur sentiment de sécurité. En effet, de nombreuses femmes «observent une forme de couvre-feu et restreignent leurs activités si elles ne sont pas accompagnées. Ainsi, le sentiment d’insécurité face aux agressions les conduit à restreindre leurs objectifs personnels et leur participation à la vie collective», notent les auteures du Guide d’aménagement. Pour un environnement urbain sécuritaire.(1)

Mais il ne suffit pas de travailler sur le sentiment de sécurité, il faut aussi améliorer la sécurité réelle. Et dans ce domaine, les pouvoirs locaux disposent de nombreux leviers pour agir que ce soit en matière d’aménagement urbain, de présence et d’actions policières, ou de mobilisation citoyenne.

Historique

Depuis plus de vingt ans, le Canada a développé une démarche originale pour améliorer concrètement la sécurité dans les villes, en se basant sur l’expertise des femmes et la participation citoyenne. «En effet, les femmes sont des expertes “naturelles” de la sécurité parce qu’elles sont plus à l’affût des éléments porteurs d’insécurité dans les endroits publics». Confrontées à plusieurs formes de violence, elles doivent se protéger elles-mêmes, mais aussi protéger leurs enfants. «Puisque ce sont les femmes qui sont les plus touchées par l’insécurité, les correctifs qu’elles suggèrent d’apporter et les solutions qu’elles préconisent profitent dès lors aux autres groupes vulnérables face à la peur du crime (enfants, personnes âgées et handicapées) et à l’ensemble de la population. C’est la raison pour laquelle nous disons qu’une ville sécuritaire pour les femmes est une ville sécuritaire pour tout le monde.»(2)
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