3. F3. Le Hurlusbus (Mouscron), pour diminuer l’insécurité lors des soirées festives

L’abus d’alcool, lors de soirées, touche particulièrement les jeunes. Ils sont à la fois auteurs et victimes des actes qui en découlent : accidents de la circulation et agressions.
A Mouscron, une ville particulièrement festive (située à 20 km de Tournai et à 15 km de Lille et Courtrai), le problème se pose avec acuité.
En 2007, suite à plusieurs agressions de jeunes en fin de soirée, une vingtaine de parents prennent part à une réunion organisée par la police et les autorités communales. Au cours de celle-ci, un jeune propose la mise sur pied d’une navette qui ramènerait les 16-25 ans à domicile les soirs de week-end. Le « Hurlusbus » était né.[[L’appellation « Hurlusbus » vient des « Hurlus », personnages populaires fêtés chaque année à Mouscron, le premier week-end d’octobre. ]]
Placé sous la responsabilité de l’Echevine de la Jeunesse, Madame Mathilde Vandorpe, il a effectué sa première sortie en mars 2008. «Les deux minibus appartiennent au Service jeunesse de la ville de Mouscron, qui met du personnel communal à disposition pour les faire fonctionner, explique Madame Valérie De Jaegere [[Mesdames Valérie De Jaegere, Brigitte Aubert et Mathilde Vandorpe, ont été interviewées par Anne-Marie Impe, le 29/10/2010 et le 1/12/2010 par téléphone.]], responsable du service Jeunesse. Ils sont disponibles pour tous les événements organisés par les associations du grand Mouscron, pour autant qu’elles en introduisent la requête en même temps que la demande d’autorisation pour organiser l’événement lui-même.»
«Lors des différentes soirées, les navettes effectuent plusieurs trajets et déposent les jeunes à chaque clocher, voire directement devant leur porte s’ils passent devant chez eux. Une participation symbolique de 50 cents leur est demandée», explique pour sa part Madame Brigitte Aubert, l’Echevine de la Prévention, des Affaires sociales et de la santé, qui insiste sur le fait que ces navettes «ne sont pas des taxis, mais bien des moyens de prévention et de sensibilisation aux dangers de l’abus d’alcool».
Les Hurlusbus ont véhiculé au total 147 jeunes en 2008, 264 en 2009, et 330 en 2010, au cours respectivement de 6, 10 et 9 événements. Si «leur succès va grandissant», comme le souligne Mathilde Vandorpe, ils n’apportent qu’une réponse partielle au sentiment d’insécurité rencontré par les parents et les jeunes. Pour tous ceux qui sortent en boîte les WE, le problème reste entier. Or, la région compte plusieurs énormes discothèques, même si celles-ci ne sont pas sur le territoire de la commune de Mouscron.
«Une autre activité qui rencontre un réel succès, c’est « Lâche ta pression», souligne Madame Aubert. Chaque année, juste après les examens, nous organisons au Parc de Mouscron une journée récréative pour les élèves des dernières années du secondaire, avec des animations sportives, des podiums musicaux où des groupes de jeunes de la région peuvent se produire, des concours de jeux vidéo, de la poterie, etc. Les jeunes viennent s’y défouler, mais sans alcool. Et nous leur offrons le barbecue gratuit. Cette initiative festive, que nous organisons depuis trois ans, rassemble chaque année plusieurs centaines de jeunes.»
Ces deux actions (les Hurlusbus et Lâche ta pression) devaient faire partie d’un projet plus large, un Plan d’action intégré pour la prévention de l’abus d’alcool chez les jeunes. Un clip de sensibilisation, réalisé par les jeunes pour les jeunes, avec le concours de la télévision locale, No Télé, était prévu dans ce cadre, mais il est resté à l’état de scénario. Comme l’explique Valérie De Jaegere: «Les travailleurs sociaux étaient là, mais les jeunes ne sont pas venus !»
Le Conseil Prévention police se proposait pour sa part de lancer une campagne de sensibilisation des cafetiers qui devait déboucher sur l’adoption par ces derniers d’une charte et d’un logo qui n’ont toutefois pas non plus vu le jour.
Si ces résultats mitigés montrent la difficulté de toute démarche participative, surtout concernant des thèmes aussi complexes que la prévention de l’abus d’alcool chez les jeunes, ils n’enlèvent rien à son intérêt. Et le langage de vérité tenu par nos interlocutrices devrait permettre aux communes qui le souhaitent de se lancer dans l’aventure en toute connaissance de cause.

Sources & pour en savoir plus

Agir ensemble sur le sentiment d’insécurité. Manuel pratique pour les acteurs locaux, Forum belge pour la prévention et la sécurité urbaines (FBPSU) et Fondation Roi Baudouin, 2009.
Les pages 26 à 31 sont consacrées à l’expérience des Hurlusbus de Mouscron et du Plan d’action intégré sur la prévention de l’abus d’alcool chez les jeunes. A découvrir sur :

http://www.urbansecurity.be/Agir-ensemble-sur-le-sentiment-d,168

Personnes de contact

Benjamin MARTIN
Conseiller de la Cellule Prévention de la Police locale
Tél. : 00 32 56 86 07 67 /  056/86.31.50
Courriel : bmartin@mouscron.be

prevention@policemouscron.be

Gilles Crippiau
Service jeunesse
Tél.: 00 32 056 860 310
Courriel : jeunesse@mouscron.be

En bref d’autres actions concrètes

Des transports publics au service de la sécurité (Montréal, canada)
La Société de transport de la communauté urbaine de Montréal (STCUM), devenue Société de transport de Montréal (STM,) a instauré en 1996 un service intitulé « Entre deux arrêts ». Il permet aux femmes voyageant seules de descendre de l’autobus le soir, entre deux arrêts réguliers, à un endroit qui leur semble plus sûr ou pour se rapprocher de leur destination. Du moins lorsque le chauffeur estime qu’il peut arrêter son véhicule sans danger. Mis en place avec la collaboration du Comité d’action femmes et sécurité urbaine (CAFSU), ce service a été plébiscité par les usagères et pérennisé par la STM.
Pour en savoir plus
http://www.stm.info/fr/presse/communiques/2007/information-a-la-clientele-de-la-stm——le-service-entre-deux-arrets-change-d-horaire

Le défi brestois (France), pour diminuer l’insécurité due à l’abus d’alcool
Tous les deux ans, au mois d’octobre, les Brestois se lancent leur “ Défi ”, celui de tester leur (in)dépendance à l’alcool en s’abstenant de boire une goutte de breuvage alcoolisé pendant trois jours. Cette opération de prévention donne lieu à des animations et rencontres.

Pour en savoir plus

Coordonnées des organisateurs
Association Nationale de Prévention en Alcoologie et Addictologie du Finistère
1, rue Massillon 29200 BREST
Tél. : 00 33 2 98 44 15 47
Fax : 00 33 2 98 43 11 95
Courriel : comite29@anpa.asso.fr

Les “ coins rencontres ”de Riemst (Belgique)
Lorsque des jeunes se rassemblent toujours au même endroit, sur une place ou au coin d’une rue, des frictions naissent rapidement entre eux et les riverains, notamment à cause du bruit ou des canettes jetées sur la voie publique. Pour tenter de diminuer ces tensions, la ville de Riemst a proposé à des jeunes des “ coins où se rencontrer ”. Objectifs ? Développer le respect mutuel entre les jeunes et les habitants, mais aussi établir ensemble et appliquer un règlement de bon usage des lieux.
Cette expérience, qui a connu un certain succès, fait partie de 10 “ projets laboratoires ” visant à réduire l’insécurité au niveau local. Parmi ces initiatives, soutenues par le Forum belge pour la prévention et la sécurité urbaines (FBPSU) et la Fondation Roi Baudouin (FRB), citons-en trois:

  • Laeken (Bruxelles) : Comment mieux vivre ensemble autour d’un square ?
  • Charleroi : est-il possible de dénouer par la médiation les tensions avec les “ Jeunes jugés dérangeants ” ?
  • Lokeren : comment renforcer la cohésion sociale dans les quartiers à problèmes ?

Pour en savoir plus
Pour découvrir les autres “ bonnes pratiques ” (à La Louvière et Amay, notamment) :
Agir ensemble sur le sentiment d’insécurité. Manuel pratique pour les acteurs
locaux, Forum belge pour la prévention et la sécurité urbaines (FBPSU) et Fondation Roi Baudouin, 2009. Disponible sur :
http://www.urbansecurity.be/Un-manuel-pratique-base-sur-

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