ÇA SE PASSE PRÈS DE CHEZ VOUS…

« Où les droits de l’Homme commencent-ils ?, s’interrogeait en 1948 Eleanor Roosevelt, co-auteure de la déclaration universelle des droits de l’homme. et elle répondait : Dans des lieux proches de nous, si proches et si petits qu’on ne peut les voir sur aucune carte du globe. C’est le monde de la personne individuelle, du quartier où elle vit, de l’école ou du collège qu’elle fréquente ; de l’usine où elle travaille. Ce sont les endroits où chaque homme, chaque femme, chaque enfant cherche l’accès égalitaire à la justice, l’égalité des chances, le respect de la dignité et une protection contre la discrimination. Si ces droits n’ont pas de signification dans ces lieux proches, ils n’ont pas de signification ailleurs ».

Cette phrase illustre fameusement le rôle que peuvent jouer les pouvoirs locaux dans le respect des droits humains. Les compétences des communes touchent, en effet, directement à l’exercice des droits fondamentaux reconnus par les textes et normes internationaux, en particulier dans les domaines de l’éducation, de la santé, du logement ou encore de l’égalité entre hommes et femmes. C’est aussi dans le cadre local que des habitants subissent l’injustice et l’arbitraire : l’expulsion de leur maison, l’insécurité, la violence. Pour les citoyens, la commune est incontestablement le premier “ lieu des droits de l’Homme ”, de leur respect… ou de leur transgression.

Les municipalités reflètent directement l’état des droits humains dans une société. Les choix apparemment anodins qui y sont faits – la réfection d’une rue, l’organisation d’un événement culturel, le menu d’une cantine scolaire, l’autorisation ou non d’une manifestation publique – peuvent conforter des droits et des libertés ou, au contraire, établir des discriminations politiques ou religieuses et négliger les besoins essentiels de certaines catégories de citoyens.

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